La Baie d’Ha Long : l’Eden existe, il est au Vietnam

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Nous sommes en 1994. La baie d’Ha Long est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Très vite, le Vietnam devient une destination en vogue. Le paysage d’une majesté naturelle est déjà emblématique du golfe du Tonkin : les meringues minérales et ses hauts piliers de calcaire, les eaux limpides qui côtoient des grottes karstiques formées au pied des falaises font du paranorama jusqu’au symbole du pays.

Lentement taraudé par l’eau de pluie, c’est un dédale de mille six cents îlots livrés aux coups du vent et de la mer, et ponctués d’arches et de pains de sucre façonnés par l’érosion : tout ici a été sculpté par la nature jusqu’à la moindre encoche.

La légende raconte que ce tableau pittoresque, un des plus authentiques du Vietnam, aurait été créé par un dragon descendu dans la mer pour domestiquer les courants marins. En se mouvant, il aurait ainsi entaillé la montagne avec sa queue, laissant émergés seuls les sommets les plus élevés. D’autres versions font remonter la magie du lieu à des milliers d’années, quand les vietnamiens attaqués par des envahisseurs ont invoqué les dieux pour les protéger : des dragons se sont alors mis à les défendre contre l’ennemi, crachant au passage du jade de leurs gueules, transformé en îlots depuis comme de multiples tourelles isolées dans la mer. Depuis, le lyrisme de ce paysage n’a cessé d’ensorceler les amoureux du Vietnam.

Novembre 2016.

Il fait chaud et humide et une légère brume floute ce matin la baie d’Ha Long. Autour de nous, de nombreux bateaux fendent les flots à nos côtés sans réussir à gâcher la beauté du lieu.

Les immenses masses de calcaire s’étendent sur des kilomètres et se nimbent de voiles fantomatiques, apportant encore plus d’intensité au mystère de ce labyrinthe rocheux. Parfois, des femmes pêcheurs coiffées de chapeaux coniques, essayent à bord de leurs barques en forme de nacelle d’attirer les occidentaux avec des fruits et boissons fraîches. L’atmosphère est quasi étrange dans cette bruine qui paraît presque flotter.

Pendant deux jours, une multitude de pitons rocheux défile et ne se ressemble pas. Le paysage change sans cesse : tantôt déchiquetés tantôt abruptes, scellés dans la végétation… Au milieu des empreintes du dragon, l’évasion est complète. Le cadre, idyllique pour notre voyage de noces.

Nous restons dormir une nuit dans une crique à l’abri du vent, à bord d’une jonque traditionnelle, dans un captivant sentiment du bout du monde.

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