Hoi An, la ville lanterne 

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Hoi An fut pour nous le lieu d’une petite escale à mi-circuit, d’une durée de trois jours sur nos trois semaines passées au Vietnam. C’est une petite ville d’environ cent-vingt-mille habitants, située dans la province de Quảng Nam, à trente kilomètres au sud de Đà Nẵng.

Après avoir traversé les dommages de plusieurs guerres, quelques révolutions culturelles et mille pluies torrentielles, cette ville a fait briller son attachement à la fois aux traditions autochtones et à ses influences étrangères pour rayonner au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1999, riche de ses charmantes petites maisons en jacquier, et ses cyclopousses à l’ancienne.

Hoi An est célèbre pour son pont couvert japonais, abritant une pagode en bois laqué en son sein. Construit sur la croyance d’un monstre marin, Mamazu, la légende japonaise relate en fait que sa tête est en Inde, sa queue au Japon et son dos à Hoi An. Pour maîtriser les tremblements de terre dus aux mouvements du monstre, les Japonais ont construit ce pont, telle une épine piquée dans son dos, le rendant incapable d’agiter sa queue. Il est gardé aux extrémités par deux statues représentant un singe et un chien qui correspondent aux années de début et de fin de sa construction.

Mais Hoi An regroupe également un style architectural français et chinois, et a ainsi été forgée par un vrai mélange des cultures. Si nous avons tant apprécié cette perle du Vietnam, c’est qu’elle doit aussi son identité aux centaines de lampions qui l’éclairent la nuit tombée. La ville s’illumine alors d’une farandole de lumières en papier le long des balcons, à la devanture des vitrines, des bars et des restaurants.

De toutes les couleurs, sous toutes les formes, et de toutes les tailles, ces lanternes sont ainsi le symbole de la ville : elles offrent une ambiance très romantique aux promenades le long des ruelles piétonnes, et l’on pourrait y flâner des heures durant, guidés par son éclairage zen, doux et apaisant tellement l’on s’y sent bien. Mais le point névralgique de l’activité se trouve près de la rivière. Sur les berges du fleuve, les lanternes deviennent dragons, tortues ou encore phénix pour honorer les animaux sacrés de la croyance populaire vietnamienne. Les amoureux se font photographier sur les barques, et y déposent des bougies au creux d’une coque en papier, qu’ils font ensuite voguer sur les eaux noires. Quand la petite lumière disparaitra au loin, le voeu se réalisera. Promis, juré.

Ni Nico ni moi n’avons résisté à cette alchimie du voyage qui conjugue si bien tradition, pittoresque et même spiritualité. Car entre les nombreux tailleurs sur mesure et les boutiques de cuir, les temples sont, eux, inchangés depuis des siècles. Ses pagodes, ses petites fontaines sculptées, et ses spirales d’encens qui se consument paresseusement au plafond, font toute partie intégrante du charme très particulier de la ville.

Toute la vie de Hoi An est inscrite ici : entre volutes de fumées, dragons protecteurs et mosaïques de lumières et son monde de couleurs, cette petite ville marchande et son culte des lumières est un enchantement, qui en fait une merveille du Centre du pays.

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