Grotte des Parfums et Bouche du Dragon

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A soixante-dix kilomètres au Sud-Ouest de Hanoï, un complexe de sanctuaires et de pagodes est construit sur les pentes de la Montagne Hương Tích.

Connu comme étant l’un des sites religieux les plus importants du Vietnam, la Pagode des Parfums est avant tout un lieu sacré : dédié à la déesse de la Compassion, Quan Am, il accueille à chaque nouvel an des milliers de pèlerins venus prier pour attirer l’abondance, la santé et la prospérité. On efface les compteurs et on prie alors le renouveau pour le Têt, fête au cours de laquelle, pour le temps d’une unique journée, reviennent sur terre les esprits des ancêtres, gardiens de toutes les mémoires. Pour honorer le rendez-vous, le pèlerinage est un vrai parcours de pagodes en pagodes : la Pagode du Chemin du Ciel (Thien Tru), celle du Purgatoire, (Giai Oan) et jusqu’au point culminant, la pagode de l’Empreinte Parfumée (Hương Tích) creusée à même la falaise de calcaire.

C’est une journée de Novembre qui marque le début de notre excursion, et donc peu représentative de la foule normalement présente à cette période. C’est tant mieux. Tous ces noms poétiques ne seront rien que pour nous.

Aucune route n’étant construite pour y accéder, c’est sur la rivière Yen qu’une femme coiffée d’un chapeau conique traditionnel nous fait naviguer dans un paysage arrosé de ruisseaux et percé de pitons karstiques. Le tableau est ensorcelant. Presque arrivés, une pluie fine commence à tapoter la surface de l’eau. Mais les soixante minutes défilent, et c’est très vite que nous arrivons au grand massif calcaire.

Au pied de la Montagne des Parfums, c’est ensuite une escale obligatoire au Temple des Présentations, Den Trinh Ngu Nhac, le temple d’un esprit de la montagne auquel on se présente avant d’entamer l’ascension. Curieux visiteur ou fervent pèlerin, impossible d’outrepasser le génie gardien des lieux, qui donne la permission de poursuivre le voyage.

 

Puis, un petit chemin sinueux et escarpé gravit la montagne, et respire lui aussi un parfum d’aventure. Le long des pagodes construites au cours des siècles, tout inspire le silence et l’apaisement. Une fois en haut, un escalier de cent vingts marches invite finalement à s’engouffrer dans la Bouche du Dragon, une grotte creusée dans le pain de sucre karstique : la pagode Hương Tích est là, cerclée de stalagmites et de stalactites. Sur les parois, le suintement de l’eau ruisselle sur les voûtes de la grotte.

Derrière la grande cloche de bronze, à droite de l’entrée, trône une statue de Quan Am sur l’autel principal. Dans un mystérieux halo de lumière, les offrandes se multiplient aux pieds de la déesse : si les paysans veulent garantir le succès des récoltes, les femmes sans enfant demandent grâces et fécondité.

 

L’averse a déjà cessé quand nous nous éloignons lentement de l’autel.

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