LGBT et tolérance en Thaïlande

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La Thaïlande, connue pour sa tolérance sexuelle, s’inscrit parmi les meilleures destinations gay friendly de l’Asie. Que cela soit à Bangkok, Chiang Mai, Pattaya, ou encore Phuket (où la communauté LGBT est bien représentée), le pays est largement ouvert à l’homosexualité masculine ou féminine.

 

L’étude « GHI », reflet de la tolérance envers les personnes LGBT dans le monde

Selon l’étude « Gay Happpiness Index », il s’agit même du premier pays d’Asie en termes de tolérance à l’égard des homosexuels. Il est le 16ème au niveau mondial. Basée sur l’appréciation de trois critères principaux (l’opinion publique, les comportements à l’égard des LGBT, et le goût de la vie en général pour le citoyen homosexuel), l’étude comptabilise 67 points sur 100 pour la Thaïlande. A titre comparatif, la France comptabilise 63 points et est classée au 21ème rang par cette même étude.

Sur les 1549 personnes interrogées en Thaïlande, les scores de l’enquête placent la Thaïlande comme le seul pays d’Asie dans le top 20. Il faudra descendre au 34ème rang pour arriver à Taïwan, suivi du Cambodge à la 35ème place. Si la situation n’est cependant pas toujours facile pour tous les homosexuels thaïlandais dans le monde du travail, les bars gay-friendly ne manquent pas. De nombreux touristes chinois viennent souvent en vacances en Thaïlande pour avoir l’occasion de respirer un peu et sentir un regard moins répressif. Les Chinois sont ainsi parmi les plus nombreux touristes étrangers à venir en Thaïlande : 6,6 millions en 2017, contre moins de 700 000 Américains, et 500 000 Français.

La Thaïlande l’a compris et en joue également : l’Autorité thaïlandaise du tourisme (TAT) affiche des slogans de campagne publicitaire « Go Thai, be free ». Les cabarets ajoutent des chansons en chinois, et de nombreuses agences de voyage offrent des packages gay-friendly en mettant en avant des photos de soirées aux couleurs de l’arc-en-ciel.

Officiellement en Thaïlande, les mariages de même sexe ne sont pas reconnus, mais des mariages symboliques sont parfois tenus en présence de moines bouddhistes.

 

Bangkok - LGBT

Troisième sexe

L’identité de genre et l’orientation sexuelle sont deux choses évidemment bien différentes. Etre transgenre est une question d’identité, alors qu’être gay est une question d’attirance et d’attraction. En d’autres mots, chacun possède à la fois une identité de genre et une orientation sexuelle. La Thaïlande est l’un des pays au monde où la transsexualité est la plus visible et, du moins en apparence, la plus consentie par la société.

Chaque année, 15 millions de téléspectateurs sont au rendez-vous pour les voir concourir au Miss Tiffany Universe. Ladyboy, shemale, transexuelles, ou encore dame-garçon, la langue thaï ne manque pas non plus de synonymes pour désigner les katoeys qui y sont candidates, et si l’on peut peut-être attribuer cette ouverture d’esprit à leur culture, c’est aussi à travers la pratique du bouddhisme que l’on ne décèle aucune condamnation religieuse de la transsexualité en Thaïlande. En effet, le bouddhisme reconnaît non pas deux mais quatre genres différents: mâle, femelle, l’hermaphrodisme, et la nature sexuelle non usuelle (soit le genre qui définit la katoey, correspondant à « un homme qui dévie de la norme hétérosexuelle »). La transsexualité s’exprime alors comme la conséquence du karma d’un adultère commis dans une vie antérieure.

Déjà très tôt, la distribution des stéréotypes commence avec le rose d’un côté, le bleu de l’autre, les jouets genrés et les clichés selon lesquelles les petites filles doivent être douces, les garçons forts et courageux, ou autre classification des traits de caractère en fonction du sexe. Cela continue à la puberté où les attentes pour correspondre aux standards de féminité ou masculinité sont encore plus rigides. Mais la construction de soi n’est parfois pas si binaire. Elles se réalisent alors en fort décalage et enfermées dans un corps qui ne leur correspond pas. Lorsqu’elles le peuvent, elles se lancent donc dans un long cheminement pour être soi: prise d’hormones, pose de prothèse, chirurgie plastique ( la Thaïlande est aussi le pays spécialiste de la vaginoplastie ), après approbation de deux psychiatres.

Je n’ai trouvé aucun chiffre fiable et qui ne contredit pas les différentes statistiques concernant le nombre de katoeys en Thaïlande, les estimations divergeant considérablement. Parfois allant jusqu’à un million deux cent mille, soit 2% de la population thaïlandaise, le chiffre augmente constamment mais le chemin vers une réelle intégration semble encore long. Au-delà de la reconnaissance sociale voire seulement celle du divertissement, les pressions professionnelles restent très fortes. Parfois très difficile pour elles de trouver un emploi, elles sont souvent obligées de se limiter au stéréotype. Réduites au rang de fantasme sexuel et faisant l’objet d’attraction dans l’industrie du sexe florissante en Thaïlande, elles sont restreintes aux idées reçues et à ce cliché qui méconnait leur histoire, les marginalisant dans un faux-semblant d’intégration.

Mais beaucoup habitent un monde différent. Elles veulent appartenir à une catégorie de transsexuelles qui suivent des études, nourrir des ambitions professionnelles et espérer des relations sentimentales durables. Un militantisme a commencé à se mobiliser, de nombreuses katoeys exposées sur le plan médiatique prennent la parole, (championne de boxe, chanteuse, mannequin) et espèrent que la stigmatisation continuera de s’effacer en Thaïlande.

 


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